Confession Time: Le jour où j’ai été humiliée

ma dettox - confession

Aujourd’hui je vous parle du jour où j’ai été humiliée… par une personne sensée être conseillère bancaire.

Avec les années, ma force de persuasion et mon penchant à toujours essayer de trouver le chemin le plus court et le plus facile pour avoir ce que je voulais m’a amené à cumuler jusqu’à 6 crédits. Imaginez-vous : 6 remboursements mensuels, 6 taux d’intérêts différents dont certains dépassaient les 20% ! Tous ces crédits avaient été contractés soit pour des envies futiles (mais que je pensais vitales à cette époque) : voyages, mobiliers, vêtements, achats de Noël… soit pour des choses plus sérieuses mais tout aussi bêtes : paiements de mes impôts et de la taxe d’habitation (que, bien sûr, je ne budgétais jamais) ou encore des frais vétérinaire.

Donc, me voilà à payer chaque mois le prix élevés de mes mauvais choix passés. Et les conséquences de ces choix prenaient tellement de place qu’ils représentaient parfois la totalité de mon salaire! Je suffoquais chaque mois. Étouffée par ces dettes qui ne me permettaient pas de vivre comme je pensais le mériter.

Un jour j’ai décidé qu’il fallait que je trouve une solution. Non! pas d’être plus raisonnable et d’arrêter de faire appel au crédit dès que l’envie me prenait. Non! pas non plus de me forcer à assumer les conséquences de mes choix, me retrousser les manches, avoir un plan et arrêter de creuser encore plus ce trou. Non, non, pensez-vous! C’était trop difficile! Rappelez-vous, j’étais attiré par les solutions courtes et faciles. Il me fallait quelque chose de plus souple, sans trop d’effort : il fallait que j’essaye de faire regrouper tous ces crédits afin que mes remboursements me permettent de respirer à nouveau. Tant pis si ça voulait dire prolonger de plusieurs années encore ce boulet que je traînais au pied depuis trop longtemps déjà. Me voilà donc en quête d’un regroupement de crédits. Une solution simple et facile comme j’aimais.

J’appelle donc ma banque et leur expose mon plan : « Bonjour madame la conseillère. Voilà, je voudrais procéder à un regroupement de crédits pour réduire les mensualités pour pouvoir rembourser plus sereinement ». J’entends ma conseillère tapoter un instant sur son clavier puis elle me dit: « Ah…désolée madame mais votre taux d’endettement avoisine les 70% ! C’est beaucoup trop élevé, il nous sera impossible de vous proposer un regroupement de crédits ». WHAAAAT ? Avais-je bien compris ? Autrement dit la banque m’informe qu’il y a un taux maximum d’endettement à respecter afin de prétendre à un regroupement de crédits. Les regroupements n’étaient donc pas prévu justement pour les taux au dessus de la limite???

J’étais sur le cul ! D’autant que le dernier crédit qu’on m’a accordé (et qui faisait donc augmenter mon taux d’endettement, le fameux taux au-dessus duquel la banque ne se mouille pas), ce dernier crédit qui montait mon taux à 70% m’avait été octroyé par MA PROPRE BANQUE ! Pas par une société de crédit auprès de laquelle j’aurais menti pour avoir un énième crédit. Non ! Auprès de MA banque ! Celle qui a tous mes relevés de compte, qui connait tout de mes remboursements mensuels, bref qui a l’historique de ma vie dans ses fichiers! Trahie par sa propre banque! WOW alors là c’était le pompon.

Mais je ne me suis pas laissé abattre. Deuxième tentative chez un fournisseur de crédits que je connaissais très bien. Un hypermarché qui propose des crédits à qui le veut et chez qui j’avais déjà 2 crédits en cours : un prêt personnel et un crédit revolving (of course!). Donc j’étais plutôt bonne cliente ! Me voilà donc à attendre patiemment qu’un conseiller m’appelle afin d’étaler ma vie financière misérable devant lui en tentant quand même de garder la face. Mon tour arrive…

J’explique mon cas et ma demande à un jeune homme de 20 ans, cheveux gominé et costard un peu grand pour lui… Bref, il tapote 10 secondes sur son clavier avant de me dire : « Wow, vous avez beaucoup de crédits en cours par rapport à votre salaire » Non sans blague ? Avais-je envie de lui répondre (sauf que dans la réalité je n’ai pas fait la belle). Pleine d’enthousiasme j’ai rétorqué: « Oui effectivement j’ai accumulé quelque crédits au fil du temps et c’est pour ça que je suis la aujourd’hui, je voudrais reprendre tout ça en main pour aller de l’avant ! ». L’air gêné et désolé pour moi, le jeune homme me répond que malheureusement le dossier ne passerait pas et que ça ne sera pas possible de me proposer un regroupement. Il me souhaitât bonne chance. Je l’ai remercié en souriant et je suis reparti. 2ème échec… aouch!

A ce moment là j’ai commencé à me dire que ça n’allait pas être gagné pour obtenir ce foutu regroupement. Petit à petit j’ai réalisé que mon état financier était vraiment grave si aucune banque ne voulait prendre ce dossier en main et j’ai commencé à flipper. Je décidais de continuer mes recherches car après tout : le regroupement de crédits était le seul moyen de m’en sortir (du moins c’est ce que je pensais à ce moment-là !).

Près de mon boulot il y avait cette banque qui prône la communauté, le bien commun, l’écoute, bla bla bla… Enfin, ça c’était leur pub à la télé. Je décidais donc de prendre RDV pour expliquer mon cas.

Je suis reçue par une dame très accueillante à qui j’explique ma situation sans me démonter. Elle gribouille quelques chiffres sur un morceau de papier avant de faire de gros yeux et me dire : « Mais madame, vous vous rendez compte de tout ce que représentent ces sommes ? C’est énorme ! Comment en êtes-vous arrivez la ? Et surtout : qu’avez-vous fait de tout cet argent que vous avez emprunté ??? » A cet instant je suis quasiment tombé de ma chaise. Je ne m’attendais pas à une réprimande quand même! J’ai eu l’impression d’être à l’école et de me faire gronder par la maîtresse. D’être une gosse sermonnée par un adulte et qui m’explique que ce que j’ai fait ce n’était pô bien, vilaine fille.

J’ai été prise de court par toutes ces questions et j’ai dû bégayer quelques réponses sans grande conviction mais je me souviens très bien lui avoir dit quelque chose comme: « Oui je sais que j’ai fait des mauvais choix dans la vie, l’argent que j’ai emprunté s’est évaporé entre mes mains sans que je ne le réalise vraiment et que des années après, j’en paye encore les conséquences. J’ai réalisé qu’il fallait que je me reprenne en main et c’est pour ça que je viens vous voir aujourd’hui. Apres tout, tout le monde fait des erreurs » . Et là elle me répond sur un air des plus supérieurs : « Non madame, pas « tout le monde » fait des erreurs! Ma fille a 18 ans et elle est beaucoup plus mature que vous avec son argent!» BAAAM in my face! Une claque aurait eu le même effet! J’avais envie de lui répondre : « Bin oui, c’est beaucoup plus facile d’avoir de bonnes base financières que les miennes lorsqu’on a une mère banquière que lorsqu’on a toujours vu sa mère galérer pour mettre le pain sur la table et élever seule 5 enfants avec 10 fois moins que votre salaire CONNASSE!». Mais je me suis retenue, j’ai gardé la tête haute et je suis partie. Me jurant qu’un jour je la recroiserai dans d’autres circonstances que la vie nous offrira et que je lui rappellerai cette entrevue en lui balançant mes millions à la face!

Avant de partir elle me donne le numéro de téléphone d’une personne spécialisée en « dossiers de la dernière chance » et qui a l’habitude de monter des dossiers de regroupements de crédits pour des cas « extrêmes ». Et oui, il semblait que mon cas en était à ce niveau: extrême!

Alors que je prenais ce bout de papier j’avais l’impression de faire la charité. Ce sentiment mélangé de honte, de rage, de faiblesse qu’on ressent lorsqu’on demande de l’aide, la mort dans l’âme, à une personne qui vient de vous traiter comme de la merde quelque minute auparavant. J’ai pris ce numéro et je suis rentré chez moi. J’ai sans doute pleuré de rage d’avoir été traitée comme çà et là je réalisais de plus en plus les conséquences de mes pauvres choix passés stupides.

Le verdict est tombé quand la fameuse personne spécialisée dans les « dossiers extrêmes » m’annonça qu’à moins d’inclure un garant dans le dossier, mon cas était désespéré et qu’elle ne pourrait rien faire.

Voilà.

Bien évidemment je n’allais pas embarquer un garant dans ma galère personnelle, c’était hors de question! Même après tous ces échecs successifs, j’avais encore un minimum de dignité !

Autant vous dire que cette période n’a pas été la meilleure de ma vie mais comme rien n’arrive par hasard, il faut savoir prendre du recul et en tirer les leçons. Et c’est ce que j’ai fait.

A partir de ce jour je me suis dit que je me débrouillerai toute seule et que j’y arriverai coute que coute ! Et c’est exactement ce que j’ai fait et j’y suis arrivée ! Ça n’a pas été facile mais PUTAIN ce que ça en valait la peine ! En 18 mois d’effort j’ai soldé tous ces foutus crédits, je les ai dégommé l’un après l’autre ! En 18 mois j’ai mis fin à 18 années de douleurs, de mauvaises habitudes, de mauvais choix et j’ai fait sauter ce boulet qui m’empêchait d’avancer.

Parfois la vie vous fait des croches-pattes pour voir votre capacité à vous relever. Parfois elle bloque certaines routes pour vous forcer à prendre un autre chemin et apprendre les leçons au passage. C’est souvent dans les situations les plus désespérées qu’on trouve en nous le plus de ressources et de motivation !

C’est pour ça que je tenais à vous partager cette expérience. Ne vous laissez JAMAIS rabaisser par qui que ce soit. Relevez vous, la tête haute et avancez!

Si j’y suis arrivée vous y arriverez aussi!

With love ! Sam

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